Symbole et légende du Phœnix et notion du Tao

Le Phœnix

Le phénix, ou phœnix (du grec ancien φοῖνιξ / phoînix, « rouge
pourpre »), est un oiseau légendaire. Sa couleur fait référence à la légende de sa mort et de sa résurrection dans le feu purificateur. Il représente ainsi l’immortalité.

Il apparait dans différentes mythologies:

  • Persane sous l’appellation Simurgh ou Rokh.
  • Amérindienne : oiseau tonnerre
  • Australie: oiseau minka

Il est originaire d’Arabie et est attaché au culte du soleil chez les égyptiens. Il provient de l’oiseau sacré égyptien Benu, un héron cendré qui fut le premier être à se poser sur la colline originelle issue du limon. Il était associé au cycle annuel des crues du Nil. Il était adoré à Héliopolis où on racontait qu’il n’apparaissait que tous les 500 ans.

On rapportait que le phœnix ne se nourrissait que de rosée puisqu’il s’envolait alors pour des contrées étrangères où il recueillait des herbes odorantes qu’il amassait ensuite sur l’autel d’Héliopolis, afin de les embraser et de s’y réduire lui- même en cendres. Mais il renaissait trois jours plus tard pour une vie renouvelée. En effet, une fois le corps incinéré, un nouveau jeune phénix naît à partir des cendres chaudes. Après sa naissance, le jeune oiseau porte le corps calciné de son père dans un tronc creux de Myrrhe jusqu’à l’hôtel du Soleil pour être brûlé avec les plus grands soins par les prêtres. Il n’existait donc qu’un seul phœnix à la fois.

Il existe aussi une autre version à propos de sa capacité à se reproduire lui-même. En effet, quand il sentait sa fin venir, il construisait un nid de branches aromatiques et d’encens. Il y mettait le feu, battait des ailes pour attiser le bûcher et se consumait dans les flammes. Dès lors, qu’il se réduisait en cendres et que le brasier diminuait, apparaissait un oisillon au milieu des débris.

Il a longtemps été vénéré par les grecs et fut décrit par les conteurs de l’antiquité. Selon, les auteurs grecs et latins, il ressemblait à une sorte d’aigle avec des couleurs éclatantes. Ainsi, Caius Julius Solinus nous parle de son apparence dans son livre Polyhistor.
« Là aussi naît le phénix, qui a la grandeur de l’aigle, la tête ornée de plumes formant un cône, des caroncules à la gorge, le cou rayonnant d’or, le reste du corps de couleur pourpre, si ce n’est la queue, qui est d’azur éclatant et semée de plumes incarnat. ». https://fr.wikipedia.org/wiki/Ph%C3%A9nix

Le phœnix chinois (FengHuang 凤凰) règne sur tous les autres oiseaux. Les phœnix mâles sont appelés feng (鳳) et les femelles huang (凰). Cependant, bien souvent la distinction n’est pas faite et le FengHuang devient donc une seule entité féminine. Le phœnix était le symbole de l’impératrice, tout comme le dragon était celui de l’empereur. Ces 2 animaux sont souvent représentés ensemble, l’entité mâle et l’entité femelle, l’empereur et l’impératrice, le mari et sa femme. Ils représentent donc ensemble, le bonheur conjugal, le couple. Le phœnix, représentant les vertus féminines comme le charme et la beauté, orne souvent les robes nuptiales des femmes.

Dans la littérature ancienne, le FengHuang est décrit comme ayant la forme d’un dragon, le cou d’un serpent, la tête d’un cygne, le bec d’une hirondelle, la crête d’un coq, les ailes écaillées, la queue d’un poisson et le dos d’une tortue. Selon d’autres descriptions plus récentes, il mélangerait les caractéristiques de plusieurs oiseaux à savoir : la tête d’un faisan d’or, le corps d’un canard mandarin, la queue d’un paon, les pattes d’une grue, le bec d’un perroquet et les ailes d’une hirondelle.

Il ne peut faire son nid que dans un sterculier, un arbre originaire d’Asie tropicale et se nourrit de « fruits de bambous ». Il est dit que les plumes du phœnix revêtent les cinq couleurs fondamentales et elles symbolisent les cinq vertus cardinales confucéennes:

  • le noir, l’eau,  « Ren »: la bienveillance, la bonté et l’humanité.
    « L’honnête homme considère le bien universel et non l’avantage particulier. L’homme vulgaire considère l’avantage particulier et non le bien universel ». Confucius
  • le jaune, la terre, Yi : l’honnêteté, la droiture et l’équité. « L’honnête homme envisage les choses du point de vue de la justice et l’homme vulgaire du point de vue de son intérêt ». Confucius
  • le blanc, le métal, « Li » : la bienséance, les attitudes, la courtoisie et les rites.
    « La piété filiale et le respect des aînés est la racine de l’humanité ». Confucius
  • le rouge, le feu, « Zhi » : la connaissance et la sagesse
    « Quand vous voyez un homme sage, pensez à l’égaler en vertu, quand vous voyez un homme dépourvu de sagesse, examinez-vous vous-même ». Confucius
  • le vert, le bois, « Xin » : l’intégrité, la fidélité et la sincérité.
    « Examine si ce que tu promets est juste et possible, car une promesse est une dette ». Confucius

Dans le confucianisme, le phœnix porte sur la tête, le symbole de la vertu, sur les ailes, le devoir, sur le dos, le juste comportement au cours des rituels, sur la poitrine, la bienveillance et sur le ventre, la fiabilité. On dit aussi que son corps symbolise les six corps célestes: sa tête représente le ciel, ses yeux sont le soleil, ses ailes sont le vent, ses pattes sont la terre, son dos est la lune et sa queue, les planètes.

En tant qu’oiseau le plus sage, le phœnix symbolise également la justice et la grâce. Il ne tolère pas le mensonge ou l’abus de pouvoir. Il n’apparaît jamais devant les personnes amorales. C’est une créature extrêmement gentille. Ses légendes ne contiennent jamais la moindre notion de mal ou de vengeance. L’animal est si inoffensif, qu’il ne consomme que la rosée du matin. Il évite ainsi de causer du tort aux animaux et aux plantes.

Il a d’autres pouvoirs tout aussi étonnants : son chant aurait la capacité de donner du courage à l’homme au cœur pur et de la crainte à l’homme au cœur impur. De plus, ses larmes peuvent guérir tout être vivant, qu’il soit malade, blessé ou à l’agonie.

De nos jours, la symbolique du phœnix renvoie à l’image de l’âme, de sa renaissance mais aussi à l’esprit et la lumière. Il symbolise l’un des nombreux rêves de l’homme : celui de renaître de ses cendres, de se délester de ses erreurs passées pour ensuite se reconstruire et poursuivre inlassablement sa quête d’éternité. »

Le Tao


Tao/Dao

Tao/Dao, la voie https://fr.wikipedia.org/wiki/Tao_(culture)

Le tao ou dao signifie aussi bien « la route, la voie, le chemin » que « dire, expliquer, ordre, règle, doctrine ». Ces deux sens se retrouvent déjà dans le Livre des Odes (shijing), le classique des vers
(entre -1000 et – 500). Il faut donc accepter les deux sens, en même temps, sans en choisir un dont se déduirait l’autre et qu’un ne prime pas sur l’autre.

Il est la force principale qui coule en toute chose dans l’univers, vivante ou inerte. Il est représenté par le Taijitu, symbole représentant l’unité au-delà du yin/yang et il le précède. Il correspond au juste milieu ou au choix propice.

Le tao est la notion maitresse dans le taoïsme (philosophie et voie spirituelle chinoise) mais aussi dans le confucianisme. Il est évoqué dans le livre de Lao Tseu, le Dao De Jing ou le classique du Dao.

Il est aussi traduit par « le principe » dans certaines pratiques ou arts ou artisanats orientaux (cha dao = l’art du thé).

Les arts martiaux chinois sont un moyen pour parvenir à l’unité entre deux principes et avancer sur le tao. Ainsi un tao est un enchainement de mouvement, le chemin menant à la maîtrise de l’art et qui mène vers l’unité.

Lao Tseu disait que le Tao qu’on peut nommer, n’est pas le Tao. Le taoïsme ainsi que le confucianisme sont deux courants de pensées originaires de Chine et dans certains pays d’Asie. Ils ont joué un rôle important dans le développement des sciences chinoises. Ce sont des pensées non-analytiques et elles ne procèdent pas par raisonnements successifs. Elles sont plutôt de l’ordre de l’intuitif.

yin/yang

Le tàijítú : symbole du yin-yang

Son étymologie

Pour approfondir un concept chinois, il est indispensable de passer par l’analyse du caractère. Chaque époque a son style graphique et une technique d’écriture. Pour la recherche de sens, on simplifiera les périodes:

  • jiǎgǔwén, oracles sur écailles et os, Dynastie Shang (-1500∼-1000). Son symbole n’a pas été découvert à cette époque.
  • jīnwén, écritures sur bronze, Dynastie Zhou (-1000∼-200). On l’a retrouvé sur des vases en bronze.
  • zhuànshū, caractères officiels en style sceau, fin des Zhou, Dynastie Qin (-221∼-206)
    et Han (-200∼200) avant la généralisation du papier.

L’écriture actuelle


G : chuo – Dr et au-dessus : shou

Le caractère assemble deux clés: une sorte de pied (chuo) (à gauche) qui supporte un joyau orné (shou) (à droite).

  • Chuo est une clé qui n’apparaît que rarement seule. Elle se combine dans d’autres caractères où elle apporte le sens à la fois départ et arrêt. C’est un assemblage de « le pas » (chi) et « l’arrêt » (zhi). On peut dès lors que le mouvement du tao est déjà une alternance, une marche sans fin.
  • Shou veut dire « tête, chef ». Dans les inscriptions oraculaires, le caractère fait penser à une tête de singe avec l’œil et les cheveux marqués.

Une tête et des pieds: l’image représente bien « le chemin » ou ce que tracent les pieds conduits par une tête « dire, expliquer »: les pas mènent à une idée.

Pour terminer, une pensée de Tchwang-Tseu

« Sur la voie (dao), il n’y a aucune question à se poser, aucune réponse à donner. Celui qui se pose malgré cela des questions, pose des questions spécieuses (qui n’a qu’une belle apparence, qui est sans valeur) et celui qui répond quand même se place hors d’elle. Celui qui se place en dehors pour répondre à des questions spécieuses, celui-là ne verra pas l’univers qui est autour de lui, il ne connaîtra pas la grande Source qui est au-dedans. »